Mercredi 3 janvier 2007
Par la présente, nous venons vous informer que, le 1er décembre dernier, nous avons acheminé une lettre adressée au Ministre de I'Education des Loisirs et des Sports, Monsieur Jean-Marc Fournier. Dans cette lettre. nous lui demandions de maintenir et de consolider I'utilisation des 5 Codes de transcription de l'imprimé en braille, et ce, lors de toute transcription de documents à des fins éducatives. Par conséquent, nous lui demandions de ne pas substituer aux ouvrages spécialisés du Québec le document intitulé : Code de transcription en braille des textes imprimés, document qui prétend balayer tous nos acquis au niveau de la méthodologie de la transcription en braille dans le milieu de l'éducation.
Voici en quels termes nous formulions notre requête :
« Nous venons donc, monsieur le Ministre, vous demander d'intervenir rapidement afin de protéger I'utilisation de vos cinq codes qui sont un fleuron d'excellence et de rigueur et qui ont fait leur preuve en permettant à un très grand nombre d'élèves aveugles de s'intégrer avec succès à l'intérieur de vos réseaux.
Finalement, nous vous recommandons de relancer dès que possible votre comité ministériel sur la normalisation du braille français en éducation. Celui-ci a joué un rôle déterminant dans l'enseignement et les apprentissages des élèves aveugles en leur permettant d'avoir accès, tout comme leurs confrères voyants, à leurs documents scolaires, et ce, dans leur mode de lecture, le braille. »
Nous, soussignés, sommes des personnes aveugles, usagés du braille et experts en la matière. L'étude du projet d'un code distinct développé dans le cadre de I'accord de coopération démontre sans conteste l'écart tangible entre le projet d'un code fort réducteur pour la francophonie et les codes spécialisés officiellement en vigueur au Québec à compter de 1991. Ne considérons, aux fins de comparaison, que des aspects tels que :
I'approche ouverte sur I'avenir et sur le monde tout en répondant à des besoins pressants du monde de l'éducation au Québec;
la conception basée sur les exigences de I'intégration.
I'approche pédagogique (explications et illustrations de la réalité de l'imprimé et celle de I'adaptation en braille),
I'originalité (création de symboles nouveaux en braille pour exprimer les raffinements graphiques des textes lorsque ces derniers sont porteurs de sens dans le monde de l'éducation, en particulier);
I'innovation (premiers codes en français de normalisation du braille en éducation, code de base et codes spécialisés);
I'ampleur des ouvrages rigoureusement structurés;
la démarche démocratique (votes unanimes aux termes de longs débats au sein du comité de normalisation du braille français en éducation.
Le rapprochement avec la France, en plus d'avoir peu d'impact pour le Québec, nous éloignerait définitivement des avantages de la mondialisation en ce qui concerne le braille.
Aussi, le 7 juin 2001 à Casablanca a été signé un accord de coopération pour une uniformisation du braille français entre des représentants de I'Afrique, de la Belgique, de la France, du Québec et de la Suisse. Depuis le 17 août 2006, suite à un arrêté décrété unilatéralement par la France il n'y a plus d'accord de coopération. (http://www.sante.gouv.fr/adm/dagpb/bo/2006/06-09/a0090033.htm) Donc, ce jour-là le Québec a perdu ainsi tout pouvoir de négociation avec les signataires de cette entente et s'est retrouvé isolé avec son projet d'implantation d'un nouveau code au Québec.
Nous ne nions pas que toute chose est perfectible et que des mises à jour soient
nécessaires. Cependant, celles-ci doivent préserver nos acquis et s'inscrire dans une perspective de maintien de I'excellence.
Permettez-nous enfin de solliciter votre collaboration en vous demandant de faire
circuler ce document auprès des personnes, autour de vous, concernées par le braille : vous êtes impliqués dans I'enseignement et I'utilisation du braille au Québec et de ce fait, vous comprenez mieux que quiconque I'importance de maintenir nos acquis en protégeant la reconnaissance des 5 documents officiels au Québec lesquels sont notre fierté soit:
Code pour la transcription en braille de I'imprimé (code de base) tome 1, 2 e édition 1996 (326 pages), conception et réalisation: Nicole Trudeau, Ph.D (cosignataire) ISBN : 2-550-30216-8
Code pour la transcription en braille de la notation mathématique, édition 1983 (363 pages), conception et réalisation : Paul-Henri Buteau (cosignataire) édition révisée 2002 conception et réalisation : Huguette Landry, déléguée du ministère de l'Éducation du Nouveau-Brunswick ISBN : 2-550-38844-5
Code pour la transcription en braille de la notation informatique : 3iè'" édition 1997 (64 pages), conception et réalisation : Pierre Ferland ISBN : 2-550-31393-3
Code pour la transcription en braille de la notation de la chimie, édition 2002 (159 pages) conception et réalisation : Suzanne Lebrun
L'acceptation par le ministère de I'Education du Québec du code proposé par le Comité Québécois de Concertation Braille (CQCB), présidé par l'Office des Personnes Handicapées du Québec (OPHQ), mettrait au rancard les 1065 pages des 5 codes approuvés et utilisés au Québec en les remplaçant par un code fort réducteur de 49 pages.
Pour toute information additionnelle, vous pouvez rejoindre :
M. Paul-Henri ButeauVeuillez, monsieur, agréer nos salutations distinguées.
Beaudry Denise, Utilisatrice de braille. Ex-membre du comité de normalisation du braille français en éducation à titre de représentante de I'AQPEHV (Association Québécoise des Parents d'Enfants Handicapés Visuels)
Boutet Linda, Utilisatrice de braille. Ex-membre du comité de normalisation du braille français en éducation à titre de représentante des étudiants aveugles utilisateurs de braille
Buteau Paul-Henri (MED en éducation scolaire), Utilisateur de braille. Ex-membre du comité de normalisation du braille français en éducation
Jacques Côté, Utilisateur de braille. Ex-membre du comité de normalisation du braille français en éducation
Dubé Louiselle, Utilisatrice de braille. Ex-membre du comité de normalisation du braille français en éducation
Trudeau Nicole Ph.D. en sciences de l'éducation, Utilisatrice de braille. Ex-membre du comité de normalisation du braille français en éducation