Le New York Times publiait récemment un article qui minimisait l’importance du braille. Même si je sais que je prêche à des convertis, je demeure convaincue que tant et aussi longtemps que la technologie numérique ne remplacera pas l’imprimé, elle ne remplacera pas le braille. Lorsque je pense aux innombrables utilisations que je fais du braille dans ma vie quotidienne et au travail, je ne peux tout simplement pas entrevoir comment je pourrais fonctionner efficacement sans cet outil. Le braille est dynamique! Le braille est vivant! Le braille est là pour rester!

La présidente de l’ACB,

Betty Nobel

Note de la rédactrice en chef

L’ACB tient résolument à favoriser un sentiment d’appartenance chez ses membres, à faciliter l'échange d’idées et à promouvoir la communication. Nous publierons donc un bulletin d'information électronique bimestriel regroupant des éléments d'information, des lettres adressées à la rédactrice en chef et des échos des membres sur des éléments d’actualité. Si vous désirez être inscrit sur la liste d'envoi de ce bulletin, assurez-vous que nous possédions votre plus récente adresse électronique. Si vous ne désirez pas recevoir ces bulletins d'information, veuillez écrire à l'adresse électronique suivante : awadsworth@prcvi.org ou faire parvenir une lettre à Anne Wadsworth, a/s du PRCVI, 1750, 75e Avenue Ouest, bureau 106, Vancouver (Colombie-Britannique)  V6P 6G2.

Merci infiniment!

Anne

Six points qui ont changé le monde : en mémoire de Louis Braille (1809 – 2009)

 

Euclid Herie

(Allocution présentée à la Septième Assemblée générale de l’Union Mondiale des Aveugles tenue en août 2008 à Genève (Suisse) et au Congrès sur le braille 1809 – 2009 tenu en janvier 2009 à Paris (France))

M. le président, chers invités, mesdames et messieurs,

Il y a quelques années, par un beau lundi matin, je me suis retrouvé assis sur un banc dans un petit jardin situé derrière une modeste, voire humble, demeure.

J’entendais les oiseaux chanter et une brise légère caressait mon visage. L’air exhalait la senteur du foin fraîchement coupé et l’enivrant parfum des roses, des lilas et des coquelicots orange vif qui poussent le long des haies à cet endroit du monde.

J’étais venu là, à la Maison Natale de Louis Braille, comme beaucoup l’ont fait avant et après moi, en pèlerinage, pour en savoir plus sur cet homme qui est un héros pour nous tous. Je voulais me sentir proche de lui et peut-être même toucher quelque chose qu’il aurait autrefois tenu dans ses deux fabuleuses mains.

Né le 4 janvier 1809 à Coupvray, petit village situé à environ 60 kilomètres à l’est de Paris, Louis Braille était le contemporain de deux autres illustres hommes : Abraham Lincoln et Charles Darwin. Tous trois sont nés à quelques semaines de différence les uns des autres et tous trois – à leur façon – ont changé le monde. Comme l’ont fait de nombreux grands de ce monde, Lincoln et Darwin ont atteint la notoriété à l’âge adulte. Mais Louis Braille a développé et affiné son ingénieux code alors qu’il avait à peine quinze ans. Ne trouvez-vous pas, comme moi, que cela est incroyable?

Aujourd’hui, alors que nous honorons sa place dans l’histoire en commémorant le bicentenaire de sa naissance, nous rendons hommage au don qu’il a fait à l’humanité et à son génie créateur. C’est un véritable privilège pour moi de parler au nom de toutes les personnes aveugles qui ont été libérées par l’alphabétisation.

La cellule braille est d’une simplicité désarmante : une disposition de six petits points en relief… deux colonnes, trois lignes, 63 combinaisons possibles – ni plus, ni moins. Mais cela signifie tellement plus…

Car le code braille ne fonctionne pas seulement dans la plupart des langues, pour ne pas dire toutes les langues, avec les complexités de leur ponctuation, leurs contractions, leur phonétique et leurs accents; il est également suffisamment polyvalent pour pouvoir être utilisé en littérature, en musique, en mathématiques et en informatique. Et malgré les désaccords passionnés qu’il suscite concernant les variations et l’utilisation des codes littéraire et mathématique, le système braille fondamental a perduré, offrant aux personnes aveugles un moyen universel de communication écrite.

Si intelligent et d’une telle importance!

Et si sa beauté réside dans sa simplicité, son ingéniosité réside dans sa polyvalence intemporelle.

En dépit des immenses progrès techniques réalisés au cours des deux derniers siècles, et notamment à notre époque, le braille a surmonté tous ces changements et reste aujourd’hui le véhicule de communication préféré de la plupart des personnes aveugles. Le braille a su franchir l’abîme qui séparait les préjudices et l’obscurité d’antan, pour parvenir de l’autre côté, du côté de la liberté et de la lumière.

Avec l’arrivée de l’ère numérique, nombreux sont ceux qui, aveugles comme voyants, avaient auguré la mort du braille sous toutes ses formes. Je suis là pour vous assurer que rien ne saurait être plus faux. Les progrès technologiques nous ont toutefois été utiles. Nous sommes passés de débuts marqués par la rédaction de textes en braille à l’aide d’une tablette et d’un poinçon aux machines à écrire mécaniques en braille. Et maintenant, nous sommes capables de publier des documents rédigés en braille à l’aide d’ordinateurs et de dispositifs d’impression ultra rapides. Enfin, le braille numérique Web a donné naissance à des possibilités inimaginables de production du braille dans les foyers, salles de classe ou lieux de travail de virtuellement toutes les localités. Il suffit d’un dispositif d’accès Web et d’un moyen électronique ou mécanique permettant de donner du relief aux points braille.

Mais arrêtons-nous un instant sur ce que signifie vraiment le braille.

Pris dans un contexte plus vaste, le braille est bien plus que le système d’écriture basé sur six points offert au monde par son inventeur, Louis Braille, il y a près de deux siècles. Le braille, c’est l’alphabétisation qui a donné autonomie et pouvoir aux personnes aveugles du monde entier, par la connaissance et l’apprentissage tout au long de la vie. Le braille a transformé des vies, sorti des millions de gens de la pauvreté et permis à d’innombrables personnes intelligentes et acharnées de réaliser un travail responsable et doté de sens, de contribuer à leur collectivité, de nourrir leur famille et de vivre une vie aussi riche qu’épanouissante.

Lors de mon séjour à Coupvray, j’ai appris à mieux connaître Louis Braille et j’ai découvert un homme doué intellectuellement et musicalement, qui aimait fuir l’agitation de Paris pour venir se ressourcer au cœur de la campagne française du début du XIXe siècle, entouré de sa famille et de ses amis.

Il n’était pas célèbre lorsqu’il est mort.

Maintenant, il l’est.

Son lieu de naissance n’est pas seulement un musée, mais également un site du patrimoine mondial. Son image a été reproduite sur des pièces commémoratives, des statues et des portraits; elle a fait le tour du monde sur des timbres-poste.

En 1952, cent ans tout juste après sa mort, ses restes ont été transférés de l’église paroissiale de son cher Coupvray au Panthéon de Paris. Là, il repose aux côtés des plus grands intellectuels français, parmi lesquels Voltaire, Rousseau, Marat, Victor Hugo et Émile Zola. Lors du service en sa mémoire, un observateur a déclaré : « Nous, les aveugles, avons une dette envers Louis Braille tout aussi importante que celle qu’a l’humanité envers Gutenberg ».

La décision de déplacer les restes de Louis Braille, qui allait à l’encontre du désir de certains membres de sa famille et de la communauté de Coupvray, n’a pas été exempte de controverse. C’est pourquoi ses précieuses mains sont restées à Coupvray, là où il était à l’origine enterré. Elles ont été placées dans une urne toute simple.

Et maintenant, le chef-d'œuvre de sa vie entre dans son troisième siècle de vie.

Lors de son premier siècle d’usage, seuls quelques aveugles adultes avaient accès au braille, car l’alphabétisation ne s’étendait pas aux classes les plus pauvres. À cet égard, il nous faut souligner la chance que le jeune Louis a eue d’avoir été envoyé à l’école à Paris. En effet, dans de nombreux pays, les enfants aveugles, filles et garçons, avaient un meilleur accès à l’éducation que leurs contemporains voyants grâce aux écoles pour aveugles.

À l’aube de son deuxième siècle de vie, le braille a été plus fréquemment offert aux individus de tous âges dans la plupart des pays. Aujourd’hui, à l’aube de ce troisième siècle, nous attendons de voir quel va être son destin. Ce dont nous sommes certains, c’est qu’enseigner et apprendre le braille n’est pas quelque chose que l’on fait comme ça, pour rien, mais pour atteindre les magnifiques portes que ceux qui l’utiliseront auront ensuite les moyens d’ouvrir.

En écrivant ce discours, je cherchais une phrase aussi puissante que claire pour rendre hommage à Louis Braille et au chef-d'œuvre de sa vie. Subitement, je me suis rendu compte que cette phrase était toute trouvée. En repensant à ma première visite à la célèbre Cathédrale St-Paul de Londres, je me suis souvenu de l’inscription figurant sur l’anneau en cuivre incrusté de la tombe de son brillant architecte, Sir Christopher Wren, qui repose en dessous du grand dôme. « Si tu cherches son tombeau, regarde autour de toi », dit-elle.

Et donc, je vous le dis : si vous cherchez le tombeau de Louis Braille, regardez autour de vous. Chaque fois qu’un aveugle lit, chaque fois que ses deux mains glissent gracieusement sur une page de texte en braille, un hommage vivant est rendu à Louis Braille.

En homme accompli, instruit et cultivé qu’il était, Louis Braille n’aurait rien souhaité de plus.

Et, bien entendu, il vivra toujours, car son invention porte son nom. C’est, je crois, ce qui l’aurait le plus surpris.

J’aurais aimé qu’il sache de son vivant ce que ce grand cadeau a signifié pour l’humanité. J’aimerais qu’il soit parmi nous ici aujourd’hui pour que nous puissions le remercier personnellement et lui faire savoir, aussi modestement soit-il, quel immense succès son invention a recueilli.

Des millions de vies.

Deux cents ans.

Six points magiques.

Vous tous ici réunis, je vous prie de bien vouloir vous lever et puissent nos applaudissements être entendus au travers de ces trois derniers siècles jusqu’à M. Braille.

Cher Louis Braille, merci du fond de tous nos cœurs.

Congrès de Paris – janvier 2009 – Journal personnel

Betty Nobel

Vendredi 2 janvier

Sharon, mon amie et compagne de voyage, est venue me chercher à 17 h 45. Malgré la chaussée glacée, nous nous sommes rendues à l’aéroport sans problème.

Notre avion a quitté le sol à l’heure prévue et nous sommes arrivées à Chicago sans incident. Nous avons beaucoup marché dans l’aéroport entre les vols et j’ai acheté un oreiller. Notre vol vers Paris a décollé avec une heure de retard, mais un vent debout nous a aidés, créant toutefois une certaine turbulence. Sharon a bien aimé consulter la carte et elle m’a souvent indiqué notre vitesse de croisière, notre altitude et notre emplacement. J’ai lu avec un vif plaisir At Home in Mitford.

Samedi 3 janvier

Lorsque nous sommes arrivées, nous avons eu un peu de difficulté à savoir où aller pour trouver nos bagages et franchir les douanes, mais finalement tout cela s'est bien passé. Nous avons pris un taxi pour nous rendre à l'hôtel en compagnie de deux dames de Géorgie (pas aux États-Unis), une course de 50 €.  

Nous avons tout de suite beaucoup aimé notre hôtel. Notre chambre était petite, mais il y avait là tout ce dont nous avions besoin. J'ai tout de suite repéré le très beau bain européen surélevé. Adhérant à la coutume française, nous laissions notre clé à la réception chaque fois que nous quittions l'hôtel. Nous nous sommes vite rendues à la petite épicerie mentionnée dans les revues pour acheter des oranges, du yogourt, des bananes, du fromage et une très délicieuse baguette. Puis, après ce délicieux festin et une courte sieste, nous nous sommes rendues à la tour Eiffel. Sharon ne cessait de s'extasier. Nous sommes montées très très haut et elle a pu prendre d'excellentes photos.

Dimanche 4 janvier

Le lendemain, nous avons pris le métro pour nous rendre aux Invalides, mais nous sommes arrivées en retard à la messe. Nous nous sommes alors plutôt rendues au Musée D’Orsay où Sharon a vu et m’a décrit de très belles œuvres de peintres impressionnistes. J’ai pu toucher à quelques sculptures jusqu'à ce qu'on me demande de ne plus le faire. Après avoir déjeuné dans un café du jardin des Tuileries, nous nous sommes rendues au Louvre pour voir la Joconde, la Vénus de Milo, etc. Puis, nous avons rejoint Euclid Herie pour une réception suivie d'un dîner. Nous avons été ravies de rencontrer Ramona, John, Robin et Elizabeth Rose d'Australie, de même que Neil, le fils d’Euclid et son épouse, ainsi que la nouvelle personne chargée des services et opérations à INCA Québec.

Après le dîner, nous nous sommes rendues à pied à la cathédrale Notre-Dame pour assister à un concert d'orgue. Cette cathédrale est majestueuse. L'organiste était fabuleux! Toutes les pièces interprétées avaient été composées par des personnes aveugles. Il est vraiment impressionnant d'entendre tant de sons provenant d'un même instrument - des sons stridents et forts aux doux accents de la flûte. L'organiste a joué pendant près d'une heure et demie. Quelle belle journée!

Lundi 5 janvier

Il a été très facile de nous rendre à l’UNESCO. En prenant le métro de l'autre côté de la rue de l'hôtel, nous avons pu nous rendre directement à cet édifice. Après avoir franchi le contrôle de sécurité de l'UNESCO, nous avons pris un café et des pâtisseries. La séance d'ouverture du congrès incluait des allocutions du maire adjoint de Paris, un homme aveugle, des membres des deux organisations parrainant l'événement et de David Blunket, un ancien ministre de Grande-Bretagne. M. Blunket nous a raconté qu’un jour, alors qu’il devait faire une présentation au premier ministre, il avait reçu un rapport en braille tout à fait incompréhensible. En effet, ses employés ne savaient pas qu'il fallait définir la langue de la nouvelle imprimante braille qu’ils utilisaient, la langue par défaut étant le Suédois. Après cette allocution, Euclid Herie a parlé avec passion de Louis Braille et de son exceptionnelle contribution. Nous nous sommes tous levés et avons applaudi Louis Braille!

Les stands de l'exposition associée au congrès étaient plutôt décevants. Ils n'offraient rien de neuf. Le sac du congrès était par contre très joli. Il contenait une tablette et un poinçon, un porte-clés et un calendrier. J’ai été heureuse de constater que les billets des événements du congrès étaient imprimés en braille.

Le congrès comportait de nombreux ateliers de spécialistes. Pierre Ferland du Québec a parlé de la transcription de documents Nemeth en français. D'autres ont traité de l'utilisation des afficheurs braille et des inscriptions en braille sur les étiquettes de médicaments qui sont maintenant obligatoires dans les pays membres de l'Union européenne.  

Quelque peu fatiguées, nous n'avons pas assisté aux réunions suivantes qui portaient sur les graphiques tactiles et sommes retournées à l'hôtel pour faire une sieste. Nous avons dormi jusqu'à 20 h. Nous avons par la suite mangé des crêpes sur la rue et fait quelques courses. Le temps était froid, neigeux et glacé, nous sommes donc rentrées rapidement.  

Mardi 6 janvier

Après notre déjeuner habituel composé de yogourt et d'oranges, nous nous sommes une fois encore rendues à l'UNESCO pour y rencontrer Graham Cook, un enseignant auprès des personnes handicapées visuelles de Dawson Creek (Colombie-Britannique), puis Cay, Anne et le petit compagnon de Cay, Colleen. Après la première séance, nous sommes allées rencontrer l'ambassadeur du Canada. Le chauffeur de taxi nous a donné une visite guidée non réclamée de Paris, ce qui nous a mis en retard. L'ambassadeur, Mark Lortie, a cependant été très affable. Il nous a parlé des piètres normes d'accessibilité qui s'appliquent en France. Il semblait très intéressé par le braille et par nos festivités du bicentenaire au Canada.

En retournant à l'UNESCO en métro, j'ai fait une vilaine chute. Ma jambe a glissé entre la plate-forme et le train. Je ne me suis pas assez avancée même si Sharon m'avait bien averti. Heureusement, Sharon m'a tiré de ce mauvais pas avant que le train ne démarre. Je n’ai eu qu’une grosse ecchymose et quelques égratignures… Cela aurait pu être bien plus grave!  

Les sessions d'information de l'après-midi portaient sur l'unification du braille et le braille dans les pays en développement. Sharon a fait une croisière et s’est rendue au bureau de poste alors que j'assistai au congrès. Plus tard, nous avons assisté à l'inauguration de la nouvelle médiathèque de l'Association Valentin Haüy. Cette bibliothèque sera totalement accessible et réunira des livres produits dans tous les médias substituts, qui pourront être consultés sur les rayons ou en utilisant un catalogue en ligne. Nous avons bien aimé examiner le vieil orgue et déguster des hors-d’œuvre tout en prenant une coupe de champagne.

En rentrant à l'hôtel, nous nous sommes arrêtées pour dîner dans un restaurant libanais. Nous avons découvert qu'il en coûtait bien moins cher de manger hors des restaurants!

Mercredi 7 janvier

L'allocution d'ouverture sur le braille et la recherche scientifique a été fort intéressante. Les autres sessions sur le braille en milieu de travail et à l'école ont été moins instructives. Par la suite, nous avons quitté le congrès pour visiter la Sainte-Chapelle. Malheureusement, l'endroit était fermé, mais nous avons visité le palais de justice. Nous avons déjeuné dans un très petit restaurant qui servait des crêpes. Lorsque nous nous sommes levées pour partir, Sharon a replié la table et tout s'est retrouvé dans les airs. Le pourboire a disparu!  

Les sessions de clôture du congrès ont été fort intéressantes, et plus particulièrement la conférence donnée par William Roland. Nous avons pris l'autobus en compagnie d'autres participants pour nous rendre au banquet. Nous nous sommes assises avec de nouveaux amis français, y compris Christophe dont l’amie aveugle travaille comme professeure de techniques de réadaptation dans un hôpital de Paris. Il y avait au menu du foie gras accompagné de marmelade aux figues, de la lotte, des fromages et un excellent gâteau à la mousse au chocolat. Quel délice! Des musiciens égyptiens aveugles nous ont divertis. Ce fut une très belle soirée.

Jeudi 8 janvier

Pour ma part, ce fut la plus belle journée du voyage. Nous nous sommes rendues en autocar, en compagnie d'autres délégués, à Coupvray, le lieu de naissance de Louis Braille. Le puits situé à l'extérieur de la maison où Louis Braille a vu le jour est encore là. Dans la salle de séjour toute froide de la maison se trouvent un vieux rouet, un lavabo bien bas en béton, un foyer avec un four à pain et une échancrure avoisinante pour la fabrication du fromage et une commode pour la vaisselle. Nous avons examiné un chauffe-pieds et un chauffe-lit. Une poupée de Louis Braille est placée sur le lit en alcôve. Une grande table de pique-nique est installée au centre de la pièce, c’est là où la famille prenait ses repas.

Dans l'atelier reconstruit du père de Louis Braille, qui se trouve au sous-sol, nous avons pu examiner des outils permettant de fabriquer des harnais et des bourrelets pour chevaux. Une vieille chaise est placée près de l'établi et plusieurs des articles sont d'origine. Louis Braille couchait au rez-de-chaussée lorsque, adulte, il rendait visite à sa famille. Nous avons pu toucher à de très vieux livres imprimés embossés et examiner un appareil que Louis Braille utilisait pour écrire des textes imprimés à ses amis. Nous avons aussi vu un échantillon du code du capitaine Barbier. Nous avons pu effleurer presque tous les articles. À l'extérieur, nous avons examiné une sculpture représentant les mains de Louis Braille placées sur un clavier et un livre. Cela est fort à propos, car les mains de Louis Braille reposent dans le petit cimetière de Coupvray, alors que son corps est enterré au Panthéon.

De retour à Paris, après avoir déjeuné à l'Association Valentin Haüy. Sharon et moi avons visité le Panthéon en compagnie d'un guide. Dans la voûte, nous avons obtenu des renseignements biographiques sur Louis Braille. Une imposante couronne de fleurs était placée sur le mur juste sous sa tombe. On m'a remis un exemplaire en braille des discours prononcés lorsque la dépouille de Louis Braille a été ensevelie en ce lieu et j'ai pu écouter une version audio de ces allocutions. Nous avons aussi obtenu divers renseignements sur l'histoire du Panthéon et des autres personnes célèbres qui y reposent.  

Par la suite, notre guide nous a conduites à la Sainte-Chapelle, mais nous sommes arrivées trop tard. Sans perdre un seul instant, nous avons décidé de faire une croisière commentée sur la Seine. Nous avons terminé la journée en dînant dans un restaurant du Quartier latin en dégustant une soupe à l'oignon et des crêpes fourrées au chocolat et aux bananes. Délicieux!

Vendredi 9 janvier

En matinée, nous avons fait une visite guidée de Versailles. J'ai pu toucher à certaines des fenêtres et des ornements des appartements de la Dauphine. La version sonore des commentaires du guide touristique était excellente même si l'écouteur ne pouvait être placé que dans l'oreille gauche. Nous sommes donc demeurées très près du guide. Nous nous sommes promenées dans certains jardins et Sharon m'a montré comment les bordures étaient bien taillées. Il faisait soleil et il y avait de la neige au sol. Malheureusement, nous étions quelque peu pressées.

De retour à Paris, nous avons encore fait quelques courses. J'ai acheté du parfum et Sharon a acheté de carrés de soie. Au cours de l'après-midi, nous nous sommes finalement rendues à la Sainte-Chapelle. Au congrès, nous avions pu voir une maquette en trois dimensions de cet édifice, ainsi que certains dessins tactiles des différentes fenêtres. On m'a prêté un livre contenant des dessins tactiles et Sharon m'a décrit les fenêtres et les autres caractéristiques de l'édifice. C'était très joli, car le soleil brillait à travers les vitres. J'ai beaucoup aimé le fait de pouvoir consulter des dessins tactiles, ce qui m’a permis d’imaginer certaines des fenêtres. L'escalier montant au deuxième étage était très sinueux et étroit. L'édifice a été construit au XIIIe siècle.

Plus tard, nous avons mangé en vitesse un sandwich chaud puis nous nous sommes rendues à l'hôtel pour faire nos bagages. Ce fut une semaine remplie d'activités. Sharon l'a si bien dit - elle a été les yeux et j'ai été la bouche, parce que je ne vois pas et qu'elle ne parle pas français. Ce fut une combinaison gagnante!

L’unification du braille – La vision de Louis Braille dans le monde de demain

Joseph E. Sullivan

(Note de la rédaction : Joseph Sullivan est le président de Duxbury Systems, Inc. Il assure la présidence du Committee 2 of the Unified English Braille Research Project sous l’égide de l’International Council on English Braille. L’exposé qui suit a été rédigé pour être présenté à la commémoration du bicentenaire de la naissance de Louis Braille au siège de l’UNESCO, à Paris, organisée par l’Institut National des Jeunes Aveugles et l'Association Valentin Haüy, en janvier 2009.)

Nous sommes réunis ici aujourd’hui pour rendre hommage à un homme, Louis Braille, dont l’invention a contribué de façon cruciale à l’élimination des obstacles et, de ce fait, à l’unification. Mon but est ici de démontrer de façon convaincante la nécessité de pousser l’unification du braille, non seulement en montrant ce qu’il est possible de faire – on a déjà adopté des codes unifiés comme le Unified English Braille (UEB), par exemple –, mais aussi dans une perspective innovatrice hautement souhaitable et en harmonie avec la vision originelle de Louis Braille. Il semble en effet que le meilleur moyen d’assurer l’unification soit de revenir aux travaux de Louis Braille et d’en tirer les meilleurs enseignements possible.

D’une part, nous croyons que le braille sert à lever les obstacles associés à l’incapacité de lire les imprimés, et c’est assurément le cas. Le braille est aujourd’hui le principal outil d’alphabétisation des personnes aveugles partout dans le monde et dans pratiquement toutes les langues écrites. En éliminant les obstacles à la communication, on fait tomber les barrières entre les personnes. Grâce au braille, les personnes aveugles ont accès et peuvent apporter leur contribution à toutes les formes de la connaissance, ce qui leur permet de participer pleinement à la vie de la société. Aussi l’essence même du braille est-elle de rapprocher les gens. Autrement dit, l’objet central du braille est d’unifier.

Mais le braille est-il lui-même unifié? Sur le plan pratique, peut-il l’être? Nous devons tenir compte du fait qu’il y aura inévitablement des différences entre les systèmes d’écriture braille conçus pour les divers langages naturels, principalement pour la raison évidente qu’il est impossible, avec seulement soixante-trois arrangements de points, de représenter la totalité des lettres et autres éléments des nombreux systèmes d’écriture imprimée du monde au moyen d’un système unique utilisant des symboles à une seule cellule. C’est pourquoi nous avons des codes de base différents pour le russe et le français, par exemple, un autre encore pour le grec et ainsi de suite. Même des langues qui utilisent le même alphabet, comme le français et l’anglais, présentent des particularités telles que la fréquence des accents qui compliquent l’uniformisation des codes, à tout le moins lorsqu’il faut concilier cette uniformisation avec la facilité générale de lecture sur le plan pratique. Cependant, même en tenant compte de ces différences inévitables, lorsqu’on examine les systèmes braille utilisés, un grand nombre de variations inutiles sautent immédiatement aux yeux.

Une forme de telles variations, particulièrement difficile à comprendre, s’observe lorsque des personnes qui parlent la même langue, mais vivent dans des pays différents, utilisent des symboles en braille différents pour les mêmes symboles imprimés. Exemple, le signe « plus » ordinaire (+), même utilisé dans un contexte non technique, ne se transcrit pas en braille de la même manière en Angleterre et en Amérique du Nord.

Une autre forme de variation peut s’observer et, de fait, s’observe habituellement quand des codes spécialisés, conçus pour assurer un traitement efficace de sujets techniques tels que les mathématiques et les programmes d’ordinateur, doivent être utilisés pour représenter des notations qui se rencontrent couramment dans les textes de nature générale. L’existence de codes spécialisés n’est pas un problème en soi, bien au contraire. Les spécialistes en ont besoin, une question sur laquelle nous reviendrons. Cependant, alors que rien n’est prévu dans le code littéraire général pour le traitement d’une notation mathématique ou informatique simple, plusieurs symboles en braille différents peuvent être utilisés pour le même symbole imprimé dans un même texte. Ainsi, il existe actuellement en Amérique du Nord trois façons de représenter le signe du dollar, selon le code qui est considéré comme s’appliquant au contexte.

Une troisième forme de variation se constate lorsqu’une notation technique courante dans tout le monde de l’imprimé – c’est-à-dire une notation indépendante du langage – doit néanmoins être représentée en braille d’une manière propre au langage, même quand un code spécialisé est utilisé. La notation mathématique offre un parfait exemple de cette situation. Dans l’imprimé, cette notation est internationale. Un mathématicien américain qui voit, même s’il ne comprend pas le russe, peut lire et comprendre la notation mathématique utilisée par un mathématicien russe qui voit lui aussi. Ce ne serait pas le cas pour leurs collègues aveugles, parce que les codes en braille russes et américains utilisés en mathématiques sont assez différents.

Ces trois formes de variation dressent manifestement des obstacles à la communication, obstacles que Louis Braille s’est efforcé d’aplanir. Sans aucun doute, il aurait souhaité que nous fassions mieux.

Or, les trois types de variation offrent toutes la possibilité de donner forme plus pleinement à la vision de Louis Braille : par l’unification des codes entre les pays parlant la même langue; par ce que nous pourrions appeler l’unification « verticale », en faisant en sorte qu’on puisse utiliser les codes littéraires pour représenter la notation technique; par l’unification des codes spécialisés dans toutes les langues.

J’ai moi-même commencé à m’intéresser de plus près à l’unification au début de 1991, lorsqu’on m’a invité à participer à l’élaboration de ce qu’on allait appeler plus tard le Unified English Braille, l’UEB. Le projet, mis en marche en Amérique du Nord, visait l’unification verticale, c’est-à-dire trouver un moyen d’exprimer la notation technique (les symboles mathématiques et les adresses électroniques, par exemple), de plus en plus utilisée dans les textes généraux, d’une manière compatible avec le code braille général et n’exigeant pas de « conversion » en codes spécialisés distincts. L’UEB visait à faciliter l’apprentissage en épargnant aux gens l’obligation d’apprendre un code braille spécialisé même pour comprendre de la manière la plus sommaire les sujets techniques en cause. Le code en braille général pour l’anglais ne devait plus être « enfermé » dans des limites ne permettant d’exprimer qu’un texte « littéraire », selon une idée étroite et dépassée de ce qu’il faut entendre par « littéraire ». L’UEB serait plutôt un système d’écriture extensible, équivalent et égal à l’imprimé, et permettant tout aussi bien d’exprimer clairement n’importe quel symbole, dans n’importe quel ordre.

Nous estimions que pour satisfaire à cette exigence de clarté, le braille devait être exempt d’ambiguïté. Cela supposait, par exemple, que le signe en braille anglais traditionnellement utilisé pour la barre oblique, qui représente aussi la contraction « st », devait être changé (à moins d’abolir la contraction elle-même, solution jugée moins souhaitable, en l’occurrence). De fait, cette ambiguïté pose rarement un problème aux lecteurs dans les textes littéraires courants, où le contexte évite normalement tout risque de confusion. Cependant, dans un monde où les dénominations commerciales sont de plus en plus créatives, où on utilise de nouveaux styles d’impression et où les textes contiennent de plus en plus d’éléments techniques, le risque de méprise ne peut qu’augmenter si on ne débarrasse pas le code braille de ses sources d’ambiguïté. Autre raison de s’attaquer à ce problème, l’importance accrue de la conversion automatisée du braille à l’imprimé. Un étudiant aveugle qui rédige un texte pour un enseignant qui voit doit avoir l’assurance que son texte sera exempt d’erreurs imputables à l’appareil de prise de notes en braille au moment de la conversion du texte à l’imprimé, un scénario de plus en plus fréquent. Si le code en braille comporte des ambiguïtés, le logiciel fera ce genre d’erreurs, y compris certaines qu’un transcripteur humain ne ferait pas, et il les fera beaucoup plus rapidement!

L’extensibilité est une autre caractéristique essentielle de l’UEB. Partout dans le monde, les systèmes d’écriture, tout comme, d’une manière générale, le langage, ne cessent d’évoluer. Nous estimions qu’il devait en être de même pour le braille. Quand de nouveaux symboles sont définis ou quand d’anciens symboles sont utilisés d’une manière nouvelle ou dans de nouveaux contextes, il fallait que le braille puisse exprimer ces symboles d’une manière naturelle et claire, sans qu’on ait besoin de « notes du transcripteur ». De fait, si un mathématicien aveugle devait avoir besoin de définir un nouveau symbole, rien n’interdit que ce symbole prenne initialement la forme d’un symbole en braille, laissant aux personnes voyantes le soin de lui trouver un symbole imprimé correspondant.

En novembre 1992, notre comité de conception générale a présenté son premier rapport qui, nous l’espérions naïvement, allait aussi être le dernier. Les débats qui avaient abouti à ce rapport nous avaient livré certains enseignements fondamentaux, auxquels nous nous sommes tenus jusqu’à ce jour. Trois de ces enseignements sont examinés dans les paragraphes qui suivent.

En premier lieu, il faut s’assurer que le domaine d’application de tout symbole en braille, qu’il s’agisse d’un symbole à une seule cellule ou à plusieurs cellules, puisse être aisément déterminé, même si le sens du symbole n’est pas immédiatement connu. Sinon, le lecteur qui rencontre un symbole qu’il ne connaît pas ne peut être certain de ce qu’il doit chercher, et des ambiguïtés sont à prévoir si, par exemple, une certaine suite de signes à une seule cellule peut être aussi interprétée comme étant un signe à plusieurs cellules. Dans l’UEB, on tient compte de cette exigence grâce aux règles de formation de symboles fondées sur la structure de « racine-préfixe » découlant tout naturellement des principes qui se dégagent clairement du modèle original de Louis Braille [1]. Cette structure est un élément essentiel de l’UEB, qui en assure tant l’extensibilité que la clarté.

En deuxième lieu, il faut, dès le début du processus, prendre des décisions concernant les symboles qui seront utilisés pour représenter les éléments numériques ainsi que les règles générales applicables aux nombres, parce que ces décisions auront une incidence sur tout le reste.

En troisième lieu, l’utilisation des contractions dans le braille littéraire, qui accapare généralement tous les symboles à une seule cellule encore disponibles après l’affectation des lettres de l’alphabet, des chiffres et des signes de ponctuation indispensables, complique grandement l’ajout d’autres éléments pour les mathématiques et les sciences d’une manière à la fois claire et efficace.

En résumé, nous avons appris que l’unification est techniquement difficile et que les principes de conception de base et les décisions initiales de Louis Braille fournissent le plus souvent les indications les plus utiles pour faire progresser les choses.

Le rapport de 1992 a suscité une réaction très mitigée. Certains en ont accepté les principes et les recommandations, tandis que d’autres les ont rejetés en bloc. L’initiative a par ailleurs permis de tirer une autre conclusion : l’unification est difficile non seulement sur le plan technique, mais aussi sur le plan « politique ».

Cependant, les efforts déployés ont à tout le moins permis d’attirer l’attention sur la question dans le monde anglophone au-delà de l’Amérique du Nord. En juillet 1993, à l’occasion d’une réunion tenue en Australie, l’International Council on English Braille, formé deux ans plus tôt au Canada, s’est associé au projet de conception de l’UEB, son premier grand projet. L’UEB visait dorénavant l’unification verticale non seulement en Amérique du Nord, mais pour l’ensemble des anglophones ailleurs dans le monde. Autrement dit, l’objectif était aussi d’assurer l’unification entre les pays. Les efforts en ce sens se heurtaient toutefois à un obstacle particulier : si les variations entre les codes littéraires anglais des différentes régions étaient relativement faibles, les codes mathématiques nord-américains et britanniques présentaient des différences considérables. Pratiquement tous les signes, y compris ceux représentant les chiffres, étaient différents. Il en allait de même pour les deux codes de notation informatique.

Naturellement, les comités de l’UEB ont été élargis en y intégrant des représentants de l’International Council on English Braille (ICEB) des autres pays participants. À ce moment, un principe avait été établi, un principe qui, en fait, avait été appliqué lors des travaux antérieurs et dont l’importance avait fini par être reconnue, à savoir que tous les comités, des comités de travail techniques jusqu’aux délégations à l’assemblée générale de l’ICEB, devaient être composés d’une majorité de personnes aveugles utilisant le braille. Ce principe simple et sensé assure un droit de regard sur les décisions aux personnes qui comprennent le plus intimement les problèmes et qui sont les plus directement concernées par ces décisions. Presque aussi important, il contribue à fournir aux lecteurs de braille en général l’assurance que le code n’est pas qu’une autre « idée brillante » issue des travaux d’un comité composé en majorité d’utilisateurs d’imprimés qui voient. Autrement dit, il apporte un début de solution aux problèmes politiques naturellement associés au changement.

L’étape de l’élaboration du projet de l’UEB a pris fin en avril 2004, quand l’assemblée générale de l’ICEB a déclaré que l’UEB était prêt à être utilisé et a recommandé que les administrations responsables des divers pays concernés en envisagent l’adoption. Quatre des sept pays représentés au sein de l’ICEB, à savoir l’Australie, la Nouvelle-Zélande, le Nigeria et l’Afrique du Sud, ont depuis officiellement adopté l’UEB et travaillent maintenant à sa mise en application. Au moment d’écrire ces lignes (décembre 2008), les trois autres pays, soit le Canada, le Royaume-Uni et les États-Unis, en sont à différentes étapes de leur processus décisionnel.

On trouvera toute l’information sur l’élaboration de l’UEB, notamment les rapports historiques et récents, dans le site Web de l’ICEB [2]. Un rapport de recherche sur l’UEB a été publié dans le numéro d’avril 2005 du Journal of Visual Impairment and Blindness [3].

Pendant ce temps, des comités travaillant sur d’autres langues, notamment l’espagnol [4], le français [5] et le japonais [6], dans un but analogue ont élaboré des codes braille unifiés.

Bien que l’UEB et des projets analogues portant sur d’autres langues visent à assurer l’unification entre les pays et l’unification verticale, la troisième forme d’unification, à savoir celle des codes spécialisés, a d’une façon générale très peu progressé, à une heureuse et appréciable exception près, exception pour laquelle nous sommes, encore une fois, redevables à Louis Braille. Cette exception est naturellement la musique, où un code braille reconnu partout dans le monde, fondé sur le code musical conçu par Louis Braille lui-même, est utilisé par les musiciens aveugles du monde entier, quelle que soit la langue qu’ils parlent. Cependant, pour d’autres notations spéciales, plus particulièrement les mathématiques, mais aussi d’autres disciplines scientifiques, les codes spécialisés internationaux sont le plus souvent absents.

Il peut sembler à première vue contradictoire de préconiser, en même temps, l’élaboration de codes généraux, tels que l’UEB, qui intègrent non seulement un langage naturel, mais aussi une notation mathématique et scientifique, et celui d’un code distinct pour les mathématiques qui chevaucherait les langues. Cependant, comme nous l’avons déjà fait observer, les codes braille utilisés sont en fait très différents d’une langue à l’autre, ces différences étant nécessaires pour que le braille demeure un système d’écriture et de lecture pratique. Nous ne devrions pas nous étonner de ce que les prescriptions techniques d’un code unifié verticalement lié à un langage particulier, l’UEB par exemple, possèdent jusqu’à un certain point les caractéristiques de ce langage et, par conséquent, diffèrent des prescriptions correspondantes applicables à un autre code unifié. Cela tient dans une large mesure à la nécessité de concevoir un code d’abord en tenant compte des besoins du langage naturel, et même d’aller au-delà de ces besoins, parce qu’il s’agit du langage que la plupart des utilisateurs du braille – même ceux qui travaillent dans des domaines techniques – lisent et écrivent la plupart du temps. Une fois ces besoins satisfaits, il faut s’attaquer aux besoins techniques avec les possibilités qui restent, lesquelles varient d’une langue à l’autre. À titre d’exemple, l’alphabet vietnamien normalisé utilise deux formes de la lettre « d » : le « d » normal comme celui qu’on trouve dans la plupart des alphabets des pays occidentaux et le « d » barré, dont la partie supérieure porte une barre dans l’imprimé. La lettre « z » est également absente. Dans le code braille littéraire vietnamien, le symbole représentant le « d » barré a la même configuration de points que celle utilisée dans la plupart des codes braille occidentaux pour la lettre « d » normale (sans barre), tandis le symbole pour le « d » sans barre correspond à la configuration utilisée dans les codes occidentaux pour la lettre « z ». Il faudrait donc évidemment qu’un code unifié pour le vietnamien tienne compte de ces caractéristiques du code de base lorsqu’on entreprendra de l’étendre à la notation mathématique ou informatique.

Une autre conséquence de la nécessité d’optimiser les codes en fonction du langage naturel est que cela empêche d’assurer un traitement optimal de la notation technique. Rien toutefois de plus normal. Lorsqu’on conçoit un code pour un usage bien précis, il sera beaucoup mieux adapté à cet usage qu’un code qui aurait été conçu pour un usage plus général ou différent. Ainsi, le code spécialisé utilisé en Amérique du Nord pour la notation informatique (le CBC ou Computer Braille Code) comporte un symbole à cellule unique pour le « a » commercial (@). Cela est normal puisque le @ est souvent utilisé dans la notation informatique, par exemple dans les adresses de courrier électronique. Dans les textes de nature générale, en revanche, pour lesquels l’UEB est conçu, le « a » commercial est beaucoup moins fréquent; on ne peut donc pas lui réserver un symbole à cellule unique sans que cela restreigne les choix pour d’autres éléments de notation. Pour cette raison et pour des considérations semblables liées à la conception des deux codes, le CBC est, d’une manière générale, plus efficace que l’UEB pour la représentation de programmes informatiques. D’autre part, l’UEB peut être utilisé non seulement pour la représentation de programmes informatiques, mais aussi pour la notation mathématique et scientifique ainsi que pour les textes anglais courants, tandis que le CBC ne peut que représenter la notation informatique. Il faut passer à un autre code pour représenter n’importe quoi d’autre.

Ainsi, un code commun conçu expressément pour la programmation informatique permettrait non seulement aux programmeurs parlant des langues différentes de lire les programmes les uns des autres, mais de travailler plus efficacement dans leur domaine de spécialisation professionnelle ou d’études supérieures. Il en irait de même en mathématiques et autres disciplines techniques. Cela est sans aucun doute utile et souhaitable. Ce n’est peut-être pas aussi important, toutefois, que l’unification des codes généraux fondés sur la langue tels que l’UEB, parce qu’une telle unification devrait permettre, déjà, à plus de gens de mieux comprendre la notation mathématique et scientifique. Autrement dit, nous pouvons espérer que l’UEB et autres codes analogues non seulement seront utiles à la plupart des gens pour la notation technique courante, mais inciteront aussi plus de gens à réclamer un code plus efficace pour leur propre spécialité. Une telle dynamique assurerait le succès du mouvement en faveur de l’unification, même si, ironiquement, elle aboutissait à l’apparition d’un autre code!

Comme j’en ai parlé brièvement, une des principales difficultés à laquelle se heurte le mouvement en faveur de l’unification est la dimension « politique » que prend tout changement au code littéraire de base, celui du braille tel que les gens le lisent et l’écrivent tous les jours. Il est, somme toute, plus facile de modifier les codes strictement techniques; les gens sont prêts à les laisser aux spécialistes concernés, si cela n’a pas d’incidence sur le braille dont eux se servent. Cependant, si l’UEB est un code représentatif, la forme d’unification permettant d’intégrer la notation technique au code général exigerait sans doute qu’on apporte certains changements au braille de base. De tels changements, même légers, se remarquent et sont susceptibles d’être rejetés par beaucoup d’utilisateurs du braille, à moins qu’on en explique clairement les raisons durant la période de préparation, ce qui peut prendre pas mal de temps. Il ne s’agit pas de faire de l’obstruction pour faire de l’obstruction. Les gens, d’une manière générale, qu’ils soient aveugles ou non, résistent naturellement aux changements, à moins d’être convaincus de l’utilité réelle d’un changement proposé et de croire que ce changement est bien adapté pour combler le besoin qui a été défini. Aux endroits où on a consacré beaucoup d’efforts à la présentation d’ateliers et à d’autres mesures visant à informer et à sensibiliser les utilisateurs du braille au sujet de l’utilité et de la valeur ultime de l’UEB, ce dernier a été bien accepté. Ailleurs, la réaction a été beaucoup plus négative. Je ne crois pas qu’il y ait lieu de perdre espoir concernant l’adoption, tôt ou tard, des changements souhaitables, mais nous devrons peut-être faire preuve de patience et de beaucoup de détermination pour y parvenir.

Après tout, même si Louis Braille a assurément été encouragé de constater que son système fonctionnait bien pour lui et pour les gens de son entourage, il n’a jamais goûté de son vivant à la reconnaissance universelle dont il jouit aujourd’hui. Pourtant, il n’a jamais renoncé, travaillant sans relâche à des améliorations destinées à rendre le braille le plus utile possible ainsi qu’à contribuer à l’atteinte de son objectif fondamental : rapprocher les gens. Nous savons maintenant que les assises qu’il a établies sont un chef-d’œuvre d’ergonomie. Il nous incombe, en tant que légataires et gestionnaires de son travail, de trouver la volonté, le talent et la patience de transposer ce travail dans le monde de demain.

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Pour en savoir plus :

« Research Report: Selected Findings from the First International Evaluation of the Proposed Unified English Braille Code », Darleen Bogart et Alan Koenig, Journal of Visual Impairment & Blindness, avril 2005. Cet article peut être commandé en ligne à :

http://www.afb.org/jvib/jvibabstractNew.asp?articleid=JVIB99405

Unified English Braille: A Literacy Bedrock in the Digital Age, communication de William Jolley, agent de relations publiques, International Council on English Braille (ICEB), présentée au douzième congrès mondial de l’International Council for Education of People with Visual Impairment (ICEVI), à Kuala Lumpur, en juillet 2006. Document accessible en ligne à : http://www.iceb.org/ICEVI2006_UEB_Paper_Jolley.htm

Braille is Dead, discours de Peter Osborne, premier responsable du braille du Royal National Institute of Blind People, présenté à la conférence 2007 d’INCA sur le braille, à Toronto (Canada). Transcription audio accessible en ligne à : http://www.voiceprintcanada.com/content/view/282/2/

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Notes and références

[1] Voir Historical Analysis and Critical Evaluation of Braille, de Pamela Lorimer, 1996, accessible en ligne à http://www.braille.org. (chapitre 2, section 5). On y décrit la disposition classique sur sept lignes des diverses cellules du braille et on y explique les raisons de cet agencement. Dans cette configuration, tous les signes utilisés pour les symboles primaires – c’est-à-dire tous les signes représentant des lettres et des chiffres – ont au moins un point dans l’une des deux positions supérieures gauches et au moins un point (qui peut être le même) dans la rangée supérieure. Les signes qui ne possèdent pas cette propriété sont utilisés pour les symboles auxiliaires tels que les signes de ponctuation et les préfixes numériques qui, par nature ou par définition, sont normalement accolés aux symboles primaires. Cette diagonale supérieure gauche fait en sorte que la position des points est dégagée pour le lecteur et, comme les recherches historiques mentionnées ci-dessus nous l’ont appris, cette caractéristique était comprise et voulue par Louis Braille. L’utilisation de signes dans la partie inférieure, et plus particulièrement la partie inférieure droite, pour d’autres préfixes requis, par exemple des majuscules, est une conséquence naturelle qui s’observe, du moins de façon informelle, dans beaucoup de systèmes braille dans le monde.

[2] http://www.iceb.org  -- Suivre le lien vers « UEB Project Information ». En particulier, la conception de base de l’UEB, du point de vue du lecteur, est décrite dans le document The Reader Rules - The January 2004 Report of the Objective II Committee with corrections and amendments through February 15, 2004, qu’on peut consulter à http://www.iceb.org/c2r0401.html.

[3] Voir « Research Report (…) » à la section « Pour en savoir plus » ci-dessus.

[4]  Código matemático unificado para la lengua castellana - aprobado por las imprentas Braille de habla hispana, Montevideo, juin 1987.

[5]  Code de transcription en braille des textes imprimés - Réalisé dans le cadre de l'Accord de Coopération pour une uniformisation du braille français, décembre 2005.

Notation Mathématique Braille - Document réalisé par la Commission pour l'Évolution du Braille Français, janvier 2007. Ce document ainsi que le document précédent sont publiés par l’Institut National des Jeunes Aveugles et l'Association Valentin Haüy, Paris.

[6] Development of the second edition of Unified Japanese Braille Code: Assignment braille characters to the Unicode, Mamoru Fujiyoshi, Toro Ishida, Haruhiko Sawazaki et Nobuyuki Ohtake. Document cité à : http://ci.nii.ac.jp/naid/110003298105/

Éloge de la tablette et du poinçon – Réflexion

Jen Golden

Ayant appris le braille très jeune, je me souviens peu de cette initiation, sauf que je me suis souvent demandé quand je serais en mesure de lire des livres comme mes sœurs le faisaient. Par contre, mon introduction à la tablette et au poinçon fut une tout autre aventure. Je me rappelle vivement la profonde antipathie que j'éprouvais pour ces objets. Ma logique d'enfant de sept ans trouvait cela ridicule. C’était bien plus lent que la machine à écrire le braille et je devais écrire de droite à gauche.

J'étais insultée parce que les autorités (c'est-à-dire mon enseignant, les professeurs itinérants, de même que ma mère) tenaient mordicus à m’imposer de tels outils. À cette époque, tout comme aujourd'hui d’ailleurs, j'étais très têtue et, comme peuvent le confirmer les membres de ma famille et mes amis, il est difficile de me faire travailler à un projet auquel je ne crois pas. Ma mère et mes enseignants ont toutefois persisté et, en cinquième année, ils ont même créé la journée de la tablette et du poinçon. Un jour par semaine, je devais donc mettre de côté ma machine à écrire le braille Perkins pour utiliser la tablette et le poinçon pour faire mes devoirs. Je ne me souviens pas très bien de la durée de cette entreprise, mais cela n'a pas été très fructueux.

Quatre ans plus tard, j'étais en neuvième année, remplie des espoirs, des défis et des insécurités propres à cette période de transition. Juste avant de commencer l'école, ou peut-être au cours de la première ou deuxième semaine de classe, je me suis dit : « Ma machine à écrire le braille est un peu encombrante. Je dois transporter bien des choses à l’école et je dois avoir une main libre pour ouvrir les portes. D'autre part, cet appareil est assez visible. Je devrais peut-être utiliser plutôt une tablette et un poinçon. » Aucun des adultes que je connaissais ne m'avait dit que peut-être une tablette et un poinçon seraient plus pratiques au secondaire (bien que cela m’ait été dit de nombreuses fois lorsque j'étais plus jeune).

C'est une bonne chose, car j'aurais probablement résisté. Donc, à partir de ce jour, je n'ai presque plus jamais touché à une machine à écrire le braille Perkins, et ma tablette et mon poinçon m'ont accompagné tout au long de mes études secondaires, et pendant toutes mes études de baccalauréat et de maîtrise. (J'ai toutefois utilisé un ordinateur pour dactylographier mes travaux universitaires, comme mes confrères et consœurs.)

J'ai toujours été une grande lectrice et je sais très bien lire le braille, mais je dois avouer que les notes que j'ai prises au cours des premières semaines de ma neuvième année demeurent encore aujourd'hui très difficiles à relire. Mon entêtement m’a permis de persévérer et aujourd'hui je possède plusieurs tablettes. Enfant, je ne comprenais pas bien les conséquences que pourrait avoir le fait de ne pas savoir utiliser l'équivalent du crayon ou de la plume pour un utilisateur de braille, mais aujourd'hui je ne saurais vous dire toute l’importance que j’accorde à cette formation. En fait, j'aurais bien aimé avoir appris le braille en utilisant une tablette et un poinçon. J'aurai alors perçu cet enseignement comme une façon de lire et d'écrire, des compétences que je désirais tant acquérir.

En rétrospective, je réalise que mon attitude était la véritable entrave à ma maîtrise de la tablette et du poinçon. Il aurait fallu qu’un mentor aveugle me dise (basé sur une expérience de première main) de ne pas démissionner, que tous ces efforts en valaient la peine. Il aurait pu dire quelque chose comme : « Je sais que cela semble long et inefficace, mais lorsque tu maîtriseras bien cet outil - et cela viendra bientôt avec la pratique - cela te semblera si naturel que tu prendras un poinçon pour écrire sans même y penser. »

Cette personne aurait eu raison. (Bien sûr, c’est devenu bien plus facile lorsque j'ai décidé d'utiliser du papier ordinaire plutôt que du papier braille!) Même maintenant, malgré le fait que je possède un bloc-notes (que j'ai acheté pour avoir accès aux livres en braille électronique), je préfère utiliser ma tablette et mon poinçon pour prendre des notes.

J'ai quelque part dans une boîte, bien rangée dans le sous-sol de la maison, une carte que m'a donnée mon professeur itinérant. Tout ce qui y est écrit est le 15 avril 1991. Il s'agit du jour où j’ai admis que j'étais heureuse de pouvoir utiliser une tablette et un poinçon avec dextérité.

Défi braille dans les écoles canadiennes

Jen Golden

En l’honneur du 200e anniversaire de naissance de Louis Braille, L’Autorité canadienne du Braille a parrainé le Défi braille dans les écoles canadiennes à l’intention des élèves des écoles primaires de toutes les régions du Canada. L’objectif du défi était de donner aux élèves et aux enseignants l’occasion de mieux connaître ce système d’écriture indispensable. Les élèves ont reçu une liste d'activités et ils pouvaient choisir d'en faire autant qu'ils le désiraient. La liste incluait des projets comme transcrire un menu en braille pour un restaurant de la région, adapter un jeu de société de telle sorte qu'une personne aveugle puisse y jouer, effectuer des recherches sur des célébrités aveugles ou produire des étiquettes en braille pour les portes des salles de classe. Les participants pouvaient travailler seuls ou en équipe et concevoir une activité qui ne faisait pas partie de la liste. Des messages en braille simulé ont été affichés dans le site Web de l’ACB afin que les élèves les décodent. Un des messages informait les participants qu’en 1952, 100 ans après la mort de Louis Braille, son corps avait été transporté au Panthéon, le lieu de sépulture des grands héros français. Voilà un honneur qu'il partage avec des célébrités comme Marie Curie, Voltaire et Victor Hugo.

La réaction des écoles au Défi braille a été extraordinaire. De nombreux enseignants ont indiqué que cette expérience avait permis aux élèves aveugles d'occuper un rôle de premier plan, car ils avaient ainsi été en mesure d'aider leurs confrères et consœurs à apprendre les habiletés braille requises pour réaliser les activités du défi. Un groupe d'élèves a même vu sa photo publiée dans un journal local, accompagnée d’un article sur le Défi braille et l'importance de l'apprentissage de la lecture et de l’écriture pour les personnes aveugles.

Selon le nombre d'activités réalisées, les élèves remportaient des certificats or, argent ou bronze. Près de 60 certificats ont été décernés à des étudiants de divers groupes d'âge. Je tiens à remercier tous ceux et celles qui ont aidé à la réalisation du Défi braille dans les écoles canadiennes. Je tiens tout particulièrement à exprimer mes plus sincères remerciements à Anne Wadsworth et au personnel du PRCVI qui ont réalisé tous les certificats en version imprimée et en version braille, et ce, en français et en anglais. Je tiens aussi à mentionner que le projet n'aurait pas connu ce vif succès sans l'enthousiasme des enseignants et des élèves qui y ont participé. Merci donc à tous les enseignants et à tous les élèves qui ont accepté de relever le défi.

La création de dessins en braille par des enfants aveugles : processus et stratégies d'apprentissage

Kim Charlson  

Il est extrêmement important que les enfants aveugles soient sensibilisés très jeunes au dessin et qu’ils possèdent les habiletés requises pour créer des dessins à l’aide d’une machine à écrire le braille Perkins. L'acquisition précoce de cette habileté par les enfants qui voient englobe le dessin et le coloriage. Les enfants aveugles doivent donc être en mesure de reproduire plusieurs de ces mêmes concepts au moyen des dessins tactiles utilisant le braille pour favoriser et permettre l'acquisition d’habiletés créatrices nécessaires. Faire des dessins à partir de simples lignes grâce aux caractères braille permet à l'enfant d'explorer et de créer des formes comme le carré, le rectangle, le triangle et le losange qui peuvent être utilisées comme périmètre des exercices de coloriage. Le coloriage précoce permet d’acquérir la dextérité manuelle requise pour tenir un crayon confortablement et efficacement et colorier à l'intérieur des formes. Plus tard, cette habileté pourra être facilement transférée à l'apprentissage de l'écriture de lettres imprimées, de l’écriture du nom de la personne ou de sa signature. Apprendre à dessiner des images avec une machine à écrire le braille renforce plusieurs concepts développementaux essentiels. En créant des dessins qui peuvent ensuite être partagés avec d’autres jeunes en classe, des membres de la famille et des amis, les enfants acquièrent fierté et assurance.

Après avoir maîtrisé les formes de base, l’apprentissage de dessins plus sophistiqués, y compris ceux qui possèdent des notions comme la profondeur et la perspective, devient plus facile. L'élaboration de concepts connus pour concevoir des d'objets bidimensionnels et tridimensionnels peut aussi être explorée avec les élèves qui démontrent des habiletés particulières et comprennent bien le domaine.

En janvier 2009, Drawing with Your Perkins Brailler a été publié. Ce manuel réunit des instructions étape par étape pour la création de 36 dessins, y compris des formes de base, divers animaux, ainsi que des images thématiques de vacances ou de modes de transport. Ce livre est publié par la Perkins School for the Blind. Il est possible d'en faire l'achat en ligne en visitant l'adresse suivante : www.perkinsstore.org.

Le braille a été dans mon cas un élément essentiel à mon autonomie, à mon apprentissage de la lecture et de l'écriture, à ma créativité et à mon autodétermination. J'ai transmis cet important message de nombreuses fois au cours de ma carrière, de mon plaidoyer en faveur de la défense des droits et de mon mentorat auprès d'autres personnes aveugles ou handicapées visuelles. La créativité existe en chacun de nous, elle ne dépend pas de notre vision ou de notre absence de vision, et je mets au défi quiconque de créer les dessins présentés dans mon livre et de créer ses propres dessins. J'espère que ce livre incitera les gens à créer des images et à les partager avec la grande famille des personnes aveugles. Pour rendre le partage des dessins en braille plus facile et plus efficace, visitez l'adresse suivante www.perkins.org/btbl/brailledrawings et ajouter vos dessins à une collection grandissante de dessins en braille que nous pourrons tous par la suite concevoir. Bâtissons en ligne un réseau de fervents dessinateurs de dessins en braille et partageons nos idées et nos réflexions.

En l'honneur du congrès et de son hommage à Louis Braille, j'ai créé un dessin en braille de la tour Eiffel. Les instructions nécessaires à sa réalisation sont fournies comme exemple du type de dessins en braille inclus dans mon livre. En suivant les instructions données, tous peuvent créer cette image. Les symboles et l'attribution des points de la cellule braille sont inclus. (Note de la traductrice : Les symboles initialement inscrits étaient en braille anglais. Je tiens à remercier Monsieur Pierre Ferland de m’avoir aidé à faire la conversion requise.)

Instructions pour dessiner la tour Eiffel

Directives : Pour ce dessin, vous devriez utiliser une feuille de papier de construction pastel ou un papier braille assez épais de format 8 ? sur 11. Insérez le papier en mode portrait. Ce dessin nécessite 24 lignes.

Ligne 1 : Insérez 6 espaces et écrivez les mots « Tour Eiffel » en braille intégral.

Ligne 2 : Insérez 9 espaces et écrivez les mots « Paris, France » en braille intégral.

Ligne 3 : Insérez 15 espaces, écrivez 1 s (points 2-3-4), écrivez 1 û (points 1-5-6).

Ligne 4 : Insérez 14 espaces, écrivez 4 g (points 1-2-4-5).

Ligne 5 : Insérez 15 espaces, écrivez 1 ç (points 1-2-3-4-6), écrivez 1 y (points 1-3-4-5-6).

Ligne 6 : Insérez 15 espaces, écrivez 1 ç, écrivez 1 y.

Ligne 7 : Insérez 15 espaces, écrivez 1 ç, écrivez 1 y.

Ligne 8 : Insérez 15 espaces, écrivez 1 ç, écrivez 1 y.

Ligne 9 : Insérez 15 espaces, écrivez 1 p (points 1-2-3-4), écrivez 1 ô (points 1-4-5-6).

Ligne 10 : Insérez 14 espaces, écrivez 1 t (points 2-3-4-5), insérez 2 espaces, écrivez 1 ü (points 1-2-5-6).

Ligne 11 : Insérez 13 espaces, écrivez 1 t, insérez 4 espaces, écrivez 1 ü.

Ligne 12 : Insérez 12 espaces, écrivez 1 ç, écrivez 7 x (points 1-3-4-6), écrivez 1 y.

Ligne 13 : Insérez 13 espaces, écrivez 6 é (cellule complète, points 1-2-3-4-5-6).

Ligne 14 : Insérez 13 espaces, écrivez 1 ç, écrivez 4 x, écrivez 1 y.

Ligne 15 : Insérez 13 espaces, écrivez 2 é, insérez 2 espaces, écrivez 2 é.

Ligne 16 : Insérez 12 espaces, écrivez 1 ù (points 2-3-4-5-6), écrivez 2 é, insérez 2 espaces, écrivez 2 é, écrivez 1 à (points 1-2-3-5-6).

Ligne 17 : Insérez 11 espaces, écrivez 1 ù, écrivez 3 é, insérez 2 espaces, écrivez 3 é, écrivez 1 à.

Ligne 18 : Insérez 9 espaces, écrivez 1 ç, écrivez 1 x, écrivez 10 é, écrivez 1 x, écrivez 1 y.

Ligne 19 : Insérez 10 espaces, écrivez 1 p, écrivez 1 ô, écrivez 1 p, écrivez 1 ô, écrivez 1 p, écrivez 1 ô, écrivez 1 p, écrivez 1 ô, écrivez 1 p, écrivez 1 ô, écrivez 1 p, écrivez 1 ô.

Ligne 20 : Insérez 10 espaces, écrivez 1 h (points 1-2-5), écrivez 1 j (points 2-4-5), écrivez 1 h, écrivez 1 j, écrivez 1 h, écrivez 1 j, écrivez 1 h, écrivez 1 j, écrivez 1 h, écrivez 1 j, écrivez 1 h, écrivez 1 j.

Ligne 21 : Insérez 9 espaces, écrivez 2 barres obliques (points 3-4), insérez 1 espace, écrivez 1 t, écrivez 7 g, écrivez 1 ü, insérez 1 espace, écrivez 2 â (points 1-6).

Ligne 22 : Insérez 8 espaces, écrivez 2 barres obliques, insérez 1 espace, écrivez 1 t, insérez 9 espaces, écrivez 1 ü, insérez 1 espace, écrivez 2 â.

Ligne 23 : Insérez 7 espaces, écrivez 2 barres obliques, insérez 1 espace, écrivez 1 t, insérez 11 espaces, écrivez 1 ü, insérez 1 espace, écrivez 2 â.

Ligne 24 : Insérez 6 espaces, écrivez 2 ù, écrivez 1 guillemet (points 2-3-5-6), écrivez 1 t, insérez 13 espaces, écrivez 1 ü, écrivez 1 guillemet, écrivez 2 à.

(Note de la rédactrice en chef : Kim Charlson est la directrice de la bibliothèque de livres en braille et en version sonore de la Perkins School for the Blind. J'aimerais lancer un défi aux lecteurs du bulletin d'information de l'ACB : vous pourriez créer vos propres dessins tactiles et les partager avec d’autres lecteurs en les accompagnant des instructions requises pour les réaliser. Ne serait-il pas intéressant d'avoir des dessins représentant des œuvres canadiennes - Inukshuks, la tour du CN, la tour de Calgary, etc.)

« Listening to Braille » - Qu'en pensez-vous?

Si vous ne l'avez pas encore lu, vous pourriez trouver fort intéressant le récent article intitulé « Listening to Braille » publié dans l'édition du 3 janvier 2010 du New York Times. L'adresse URL de cet article est la suivante :

http://www.nytimes.com/2010/01/03/magazine/03Braille-.html?scp=1&sq=braille&st=cse

Il va sans dire que cet article a suscité de vives réactions, y compris les deux commentaires qui suivent. Nous avons appris que la lettre de Pat Gould, une enseignante auprès des personnes handicapées visuelles au conseil scolaire Delta de la Colombie-Britannique serait publiée prochainement sous la rubrique « Lettres au rédacteur en chef » du New York Times.    

Nous aimerions obtenir vos commentaires. Nous vous invitons donc à réagir à l'article de Rachel Aviv et aux réactions qu’il a suscitées. C'est avec grand plaisir que nous inclurons vos commentaires dans un des prochains numéros des actualités mensuelles de l'ACB.

Bonjour,

Je crois que l'article vise dans ses premiers paragraphes à mobiliser les énergies afin d'attirer l'attention du public, mettant l'accent sur le point de vue de Mme Sloate et sur la façon dont elle fonctionne dans un monde de personnes qui voient. Les enseignants, les administrateurs et les parents qui n'entendent que cette opinion pourraient avoir une incidence négative sur l'avenir du braille. Les segments plus équilibrées de l'article se trouvent vers la fin de celui-ci. Ils traduisent des idées bien réfléchies et soulèvent de nombreuses questions intéressantes. J'espère que tous liront l’article en entier.

Je suis contente que Mme Sloate aime la direction qu'a prise l'apprentissage de l'écriture et de la lecture dans son cas. Mais je suis toutefois déçue qu'elle pense que son expérience devrait être la norme pour toutes les personnes aux prises avec une déficience visuelle grave. Son ignorance du braille n'a peut-être pas eu autant de conséquences sur sa vie qu'elle en aurait eues sur la vie d'autres personnes, mais elle a certainement eu une incidence. Certains élèves ne sont pas aussi auditifs, ils ont besoin des aspects tactiles du braille pour les aider à apprendre à lire, à se souvenir, à relire des passages au besoin et à s’instruire, tout simplement. Oui, le braille requiert du temps, il ralentit l'élève qui en est à ses débuts et il exige un investissement de la part des conseils scolaires. Mais il est essentiel à long terme sur le plan pédagogique. Il est similaire à l'approche privilégiée pour l'enseignement de la lecture et de l'écriture imprimée - nous ne disons plus que la lecture doit être enseignée uniquement phonétiquement, nous fournissons plutôt aux élèves un vaste choix d'approches et, avec le temps, ils choisissent celle qui répond le mieux à leurs besoins.

Tout élève qui est perçu comme différent (tout comme celui qui ne l’est pas) vivra des périodes difficiles. Lire un livre peut nous permettre de nous détourner des problèmes que nous vivions et nous aider à entrer en relation avec les autres. Je crois que c'est un crime d'empêcher à jamais une personne de goûter un livre tactilement, de s'asseoir dans un fauteuil et de lire à son rythme, d'utiliser son imaginaire pour se représenter les personnages et leurs intonations, de ralentir sa lecture ou de relire certains passages qui suscitent son intérêt. Je dis « à jamais », car quelles sont les chances qu’un adulte qui utilise uniquement des logiciels de lecture d’écran choisisse d'apprendre le braille plus tard au cours de son existence?

Les technologies et le braille ont tous deux leur place. Il ne s'agit pas d'une situation où l'on doit faire un choix entre l'un et l'autre. Peut-être que le fait que Mme Sloate ne connaisse pas le braille a façonné son point de vue. Je ne contredis pas son opinion, je la conçois toutefois comme restreinte. J'aimerais bien obtenir les commentaires de personnes qui ont appris à lire grâce au braille et qui lisent aujourd’hui en utilisant les technologies, des personnes qui ont un point de vue plus équilibré, fondé sur leurs propres expériences d'apprentissage de la lecture et de l'écriture.

Patricia Gould, Surrey, BC

Madame, Monsieur,

L'article intitulé « Listening to Braille » paru hier dans le New York Times et écrit par Rachel Aviv, fait état de certaines des raisons du déclin de l'utilisation du braille chez les personnes aveugles, mais il y manque un point essentiel : le manque d'accès à des professeurs de braille compétents au sein des écoles publiques et plus particulièrement en région rurale.

À The Hadley School for the Blind de Winnetka (Illinois), nous attaquons le problème de l'alphabétisation braille de front par l'éducation à distance. Depuis 90 ans, Hadley enseigne le braille par correspondance. Nous offrons actuellement plus de 10 cours de braille et avons des professeurs qualifiés qui se consacrent à l'enseignement de cette compétence essentielle en matière d'apprentissage de la lecture et de l'écriture à 10 000 élèves de plus de 14 ans.

Les élèves de l'école Hadley – qu'il s'agisse d’adultes récemment devenus aveugles, de parents d'enfants handicapés visuels ou de professionnels œuvrant dans le domaine de la cécité - étudient le braille dans le confort de leur foyer, à leur rythme. Un enseignant leur donne des instructions personnalisées, et ce, par téléphone ou par courriel. Tous les cours que nous offrons aux élèves aveugles ou handicapés visuels sont gratuits et ils sont offerts dans le média substitut que choisit l'élève : le braille, les gros caractères, la version sonore ou la version électronique. De plus, Hadley offre aux enseignants qui voient un cours de braille primé, et ce, par Internet.

La technologie a certes établi des règles du jeu plus équitables pour les personnes qui vivent avec une perte de vision, mais elle a aussi créé un fossé grandissant, comme le souligne Mme Aviv, entre ceux qui ont et ceux qui n’ont pas, ce qui signifie ceux qui ont accès à l’information en utilisant de nouvelles technologies et ceux qui ne l’ont pas. Par ailleurs, la parole ne peut pas se substituer à l’écrit et à la capacité de lire. Les données de la National Federation of the Blind et d’autres organisations démontrent clairement ce que nous avons constaté chez nos élèves depuis notre fondation : les lecteurs de braille sont plus instruits, ils ont plus de facilité à se trouver un emploi et ils sont plus susceptibles de devenir autonomes et indépendants.  

Nous invitons toute les personnes intéressées à apprendre ou à enseigner le braille à se renseigner sur les cours à distance offerts par The Hadley School for the Blind. Il vous suffit de communiquer avec nous au 1 800-323-4238 ou de visiter notre site à l’adresse suivante : www.hadley.edu.

Veuillez agréer, Madame, Monsieur, l’expression de mes sentiments distingués.

Le président de la

Hadley School for the Blind

 

Charles Young

L’ACB procédera à un vote sur une recommandation visant l’application de l’UEB au Canada

Le 20 avril 2010, lors de l'assemblée générale annuelle de l'ACB, les membres participants procéderont à un vote en vue de déterminer si l’ACB devrait recommander l'application de l'UEB au Canada. Les personnes qui ne peuvent assister à cette réunion peuvent voter en remettant une procuration à un membre du conseil d'administration de l'ACB. Les noms des membres du conseil de l'ACB ainsi que leur adresse électronique sont fournis à la dernière page de ce bulletin d'information.

Candidatures au conseil d'administration de l'ACB

Le comité des candidatures est à la recherche de nouveaux membres pour le conseil d'administration. Chaque année, le comité des candidatures de L'Autorité canadienne du braille recrute de nouveaux membres pour siéger au conseil d'administration de l’ACB en remplacement des membres dont le mandat prend fin. Cette année, un membre du conseil d’administration se retire. Nous aimerions donc que vous nous fassiez parvenir le nom et les coordonnés de toute personne dont vous aimeriez soumettre la candidature. Votre nom et vos coordonnées sont aussi requis et nous vous demandons de bien vouloir discuter de votre proposition de candidature avec la personne visée avant de soumettre son nom. Les membres du conseil d'administration doivent être des promoteurs de l'alphabétisation braille désireux de participer au travail de l'ACB. Pour obtenir de plus amples renseignements sur les activités qui ont habituellement cours à l'ACB, dirigez les candidats potentiels vers notre site Web : www.canadianbrailleauthority.ca. Veuillez faire parvenir les noms des personnes dont vous aimeriez soumettre la candidature à : Ann MacCuspie [Ann.MacCuspie@gmail.com]

Bourse d’études en transcription EDIE MOURRE

En 2008, L’Autorité canadienne du braille a créé une bourse d’études à la mémoire d’Edie Mourre. Mme Mourre était une transcriptrice de braille dévouée et une ardente défenseure de l’accès au braille. La bourse d’études en transcription Edie Mourre est offerte à une personne qui répond à l’un ou l’autre des critères suivants :

La bourse d’études en transcription Edie Mourre offrira jusqu’à 1000 $ en soutien aux candidats qui suivent un cours ou qui participent à un programme de perfectionnement professionnel pertinent.

L’ACB accepte encore des dons à la mémoire Edie Mourre. Ces dons sont directement versés dans le fonds de cette bourse d’études. Un reçu officiel sera remis aux donateurs. No d’enregistrement d’organisme de bienfaisance : 889010799-RR001

Si vous désirez contribuer à ce fonds, veuillez faire parvenir vos dons à :

L’Autorité canadienne du braille

Bourse d’études en transcription EDIE MOURRE

a/s de Joy Charlton

Bibliothèque d’INCA

1929, avenue Bayview

Toronto (Ontario)  M4G 3E8

L'AUTORITÉ CANADIENNE DU BRAILLE

Bourse d’études en transcription EDIE MOURRE

La bourse d’études en transcription Edie Mourre offrira jusqu’à 1000 $ en soutien aux candidats qui suivent un cours ou qui participent à un programme de perfectionnement professionnel pertinent. Cette bourse est offerte à une personne qui répond à l’un ou l’autre des critères suivants :

Personne inscrite à un cours consacré au braille anglais, au code Nemeth, à la musique en braille, à l’informatique en braille ou à d’autres systèmes braille;  

Personne inscrite à un programme de perfectionnement professionnel ayant directement trait à la transcription en braille.

Formulaire de demande de bourse d’études

Nom :

Adresse :

Téléphone :                                Courriel :

Indiquer le niveau d’attestation détenu en transcription braille :

Pourquoi demandez-vous à recevoir la Bourse d’études en transcription Edie Mourre?

Présentez une estimation des frais personnels que vous devrez engager pour suivre ce cours ou ce programme de perfectionnement professionnel.

Veuillez indiquer le nom et le numéro de téléphone d’une personne qui soutient votre demande de la Bourse d’études en transcription Edie Mourre.

Faire parvenir la demande de bourse d’études dûment remplie à :

L’Autorité canadienne du braille

Bourse d’études en transcription EDIE MOURRE

a/s de Joy Charlton

Bibliothèque d’INCA

1929, avenue Bayview

Toronto (Ontario)  M4G 3E8

À la mémoire de

Linda McAlpine

Les employés, les parents, les élèves, les collègues et les amis de la Commission de l'enseignement spécial des provinces de l'Atlantique (CESPA) ont été attristés d’apprendre le décès de Linda McAlpine survenu en juillet 2009. Linda McAlpine plaidait avec vigueur la cause des personnes handicapées visuelles ou aveugles au Canada et était une spécialiste reconnue de tous dans ce secteur d’activité. Elle s’est tout d’abord intéressée à la psychologie et à l’élaboration de programmes d’enseignement pour les élèves multihandicapés et a par la suite obtenu un baccalauréat en psychologie et en éducation. Linda McAlpine est ensuite devenue psychologue certifiée en Nouvelle-Écosse. Elle a alors choisi de travailler auprès des enfants atteints de déficience visuelle.  

Tout au long de sa carrière, Linda McAlpine s’est consacrée au perfectionnement professionnel et a participé à des organisations professionnelles. Elle a occupé de nombreux postes au sein du Nova Scotia Council for Exceptional Children (présidente, vice-présidente, coprésidente de congrès provinciaux) et a aussi été membre du conseil d’administration national. Elle était aussi membre de l’AER et donnait régulièrement des conférences partout en Amérique du Nord.

Linda McAlpine a exercé plusieurs fonctions au sein de la CESPA (coordonnatrice des programmes de niveau élémentaire de l’école Sir Frederick Fraser, qui fait partie du campus de la CESPA, directrice intérimaire, coordonnatrice des services et programmes provinciaux, coordonnatrice des évaluations, psychologue et conseillère). Elle était une ardente défenseure du braille et faisait la promotion de l’alphabétisation braille pour tous les élèves, peu importe leur âge et leurs habiletés.

Au cours de sa carrière à la CESPA, Linda McAlpine s’est inscrite à temps partiel à l’Université Dalhousie pour y soumettre une thèse de doctorat en psychologie clinique intitulée : Les premières phases du développement du discernement social chez l’enfant aveugle. Son travail a été publié dans JVIB. Elle a malheureusement été incapable d’obtenir son doctoral en raison de sa maladie.      

Comme cette importante liste de réalisations l’indique, Linda McAlpine a acquitté de nombreuses responsabilités dans le domaine de la déficience visuelle et de la cécité et y a contribué de manière significative. Elle tentait toujours d’offrir les meilleurs programmes et services aux familles et aux enfants handicapés visuels. Elle le faisait avec grâce, avec calme, avec une profonde compréhension des besoins d’autrui, avec le désir d’écouter et avec un dévouement désintéressé et une vive détermination à trouver ce qu’il y a de mieux en chacun. Son travail auprès des parents, des conseils scolaires et des enseignants se faisait toujours dans l’intérêt des élèves et avec un doigté et une patience infinis.

Toutes les personnes qui l’ont connue et ont eu la chance de travailler avec elle se souviendront de la générosité, de la gentillesse et de la convivialité de Linda McAlpine.

L’Autorité canadienne du braille

Conseil d’administration, avril 2009 - avril 2010

Comité de direction

Betty Nobel, présidente

Courriel : R. : bnobel@telus.net  T. : bnobel@vcc.ca

Pierre Ferland (représentant d’INLB), vice-président

Courriel : R. : pierre.ferland@mediom.com T. : pierre.ferland@rrsss16.gouv.qc.ca

Ann MacCuspie, présidente sortante

Courriel : R. : omaccuspie@eastlink.ca

Joy Charlton, secrétaire de la présidente

Courriel : T. : joy.charlton@inca.ca

Debbie Gillespie (représentante d’INCA), secrétaire

Courriel : T. : debbie.gillespie@inca.ca

Pamela Rannelli, trésorière

Courriel : T. : pam.rannelli@gov.ab.ca R. : p.rannelli@shaw.ca

ADMINISTRATEURS

Jen Goulden (Ontario)

Courriel : R. : jen_g@moffit.ca T. : Jen.Goulden@cra-arc.gc.ca

Elizabeth Mayo (représentante du CCA)

Courriel : emayo@nfld.com

Janet Nemeth (Ontario)

Courriel : janet.nemeth@ontario.ca

Christine Piché (Québec)

Courriel : R. : christinepiche@sympatico.ca T. : christine.piche@csdps.qc.ca

Laura Roy (Manitoba)

Courriel : T. : laura.roy@gov.mb.ca

Linda Stirrett(Alberta)

Courriel : R. : linda.stirrett@telus.net

Graham Stoodley (Ontario)

Courriel : R. : stoodlg@rogers.com

Anne Wadsworth (Colombie-Britannique)

Courriel : T. : awadsworth@prcvi.org